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Les films « Au-delà des limites »

Quand le cinéma va au-delà du possible, dépasse les limites, transcende les règles, les normes, les conventions sociales et narratives ; et qu’il pousse à la folie dans la création du chef-d’oeuvre. Cinq catégories pour 20 films à voir ou à revoir sur grand écran.

La FOLIE dans la création du chef-d’œuvre

Apocalypse Now

Apocalypse Now

De Francis Ford Coppola | vendredi 8 mars à 20h30 au Pathé Flon


USA / 1979 / 2h33 / v.o. s-t fr. / 16(16) / Avec Martin Sheen, Marlon Brando, Robert Duvall, Dennis Hopper

Présenté par Alfred Lot

 

Transcendant les limites du genre, Coppola réalise dans la tourmente, le meilleur film de guerre de toute l’histoire du cinéma. Un tournage cauchemardesque pour donner à voir et à entendre un magistral opéra cinématographique. «Mon film n’est pas un film. Mon film n’est pas sur le Vietnam. C’est le Vietnam.» (Francis Ford Coppola)

Fitzcarraldo

Fitzcarraldo

De Werner Herzog | dimanche 10 mars à 13h à Pathé Galeries


Allemagne / 1982 / 2h37 / v.o. s-t fr. / 12(12) / Avec Klaus Kinski, Claudia Cardinale

Présenté par Anne Brochet

 

Aventurier un peu fêlé, passionné d’art lyrique, Fitzcarraldo rêve de construire le plus grand opéra du monde au cœur de la forêt amazonienne. Entrepreneur désargenté et loufoque, il ne recule devant rien pour réaliser son rêve, y compris en faisant escalader une montagne à son bateau avec l’aide d’une tribu d’Indiens. Le tournage lui-même devient une aventure héroïque faisant écho à la folie de l’histoire qu’il raconte. Obsession de la démesure, incarnée par un Klaus Kinski flamboyant et bercée par les plus beaux airs de Verdi.

Hearts of Darkness : A Filmmaker’s Apocalypse

Hearts of Darkness : A Filmmaker’s Apocalypse

De Fax Bahr, George Hickenbauer, Eleanor Coppola | dimanche 10 mars à 18h30 au Cinématographe


USA / 1991 / 1h35 / v.o. s-t fr. / 14(14) / Avec Eleanor Coppola, Francis Ford Coppola, George Lucas, Dennis Hopper

Présenté par Nabil Ayouch

 

Comment la folie s’est invitée sur le tournage d’Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, c’est ce que nous montre ce documentaire fascinant. L’on comprend comment le dépassement des limites entre la fiction narrée et la réalité du plateau a pu engendrer le chef-d’œuvre que l’on connaît. Documentées par l’épouse du réalisateur, les scènes de tournage se mêlent aux scènes du film, alternées de témoignages des principaux protagonistes pour un résultat hallucinant. L’un des meilleurs documentaires de tournage qui soit.

L'enfer 1003

L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot

De Serge Bromberg, Ruxandra Medrea | jeudi 7 mars à 13h à Pathé Galeries


France / 2009 / 1h40 / 16(16) / Avec Romy Schneider, Bérénice Béjo, Serge Reggiani

 

Tel Icare, le grand cinéaste français, Henri-Georges Clouzot, s’est brûlé les ailes en dépassant ses propres limites. En 1964, fort de ses énormes succès (Le salaire de la peur, Les Diaboliques), le réalisateur profite du soutien illimité de ses producteurs pour entreprendre une œuvre révolutionnaire à tous les niveaux, technique et narratif. Mais le perfectionnisme de Clouzot épuise ses équipes, ses comédiens et finalement son propre cœur, avec un infarctus qui mettra un terme à ce projet pharaonique. Il en reste de fabuleuses images de Romy Schneider, hypnotique, éclairée par héliophore, et l’histoire fascinante d’une obsession dans la création.

Dépasser les limites de la VITESSE et de l’EXTREME

Man on wire

Man on Wire (Le Funambule)

De James Marsh | jeudi 7 mars à 18h30 au Cinématographe


USA / 2008 / 1h34 / v.o. s-t fr. / 10 (12) / Avec Philippe Petit

 

Ce documentaire est tout à la fois le récit d’un dépassement des possibles et une véritable allégorie du processus de création. On y comprend comment, pour réaliser une œuvre extraordinaire – comme marcher sur un câble tendu entre les deux tours du World Trade Center, à plus de 400 mètres au-dessus du sol – il faut transgresser les normes, braver les interdits, risquer sa vie et sa liberté, au péril de tout le reste. Réalisé comme un thriller haletant, Man on Wire nous montre le défi technique et le rêve tout puissant comme la source de l’œuvre et le terreau magique de l’art.

Le Mans

Le Mans

De Lee H. Katzin | dimanche 10 mars à 17h30 à Pathé Galeries


USA / 1971 / 1h43 / v.o. s-t fr. / 12 (12) / Avec Steve McQueen, Siegfried Rauch, Elga Andersen

Présenté par Bruno Chiche

 

Peu de gens savent à quel point Steve McQueen s’est impliqué pour ce film. Il a même pris part à la réalisation. C’était le rêve de sa vie, allier ses deux passions, le cinéma et la course automobile. Il a cherché à montrer au public cet univers de vitesse en se collant au réel, prenant des risques inconsidérés, avec déjà des caméras embarquées sur des bolides roulant à plus de 300 km/h. Si à sa sortie le film est un échec commercial, il devient pourtant culte pour les amateurs de course automobile. Pour beaucoup, il fait partie des meilleurs films du genre.

Weekend of a Champion

Weekend of a Champion

De Frank Simon Produit par Roman Polanski | dimanche 10 mars à 15h à Pathé Galeries


GB / 2013 / 1h33 / v.o. s-t fr. / 10(12) / Avec Jackie Stewart, Roman Polanski, Helen Stewart

Présenté par Mark Stewart, fils de Jackie Stewart

 

Dans les années 60-70, les pilotes automobiles étaient adulés comme des pop stars. Parmi eux, Jackie Stewart, triple champion du monde. En 1971, son ami Roman Polanski le filme dans son intimité le temps d’un week-end, lors du Grand Prix de Monaco qu’il va d’ailleurs remporter cette année-là. On y apprend que pour gagner Monaco, paradoxalement, il faut maîtriser la lenteur ! Un ajout au montage en 2011 montre les deux amis, 40 ans plus tard, se remémorant cette période où de nombreux pilotes ont perdu la vie.

Les limites de la CONSCIENCE

2001: A Space Odyssey

2001 : A Space Odyssey (2001, l’Odyssée de l’espace)

De Stanley Kubrick | samedi 9 mars à 16h30 à Pathé Flon


USA / 1968 / 2h29 / v.o. s-t fr./ 10(14) / Avec Keir Dullea, Gary Lockwood

Présenté par Hugh Hudson

 

Un voyage épique à travers le temps et l’espace. Le film spécule avec succès sur l’évolution humaine en jouant sur les thèmes de la technologie, de l’intelligence artificielle et de la vie extraterrestre. Pendant que la NASA préparait sa mission lunaire, le vaisseau de Kubrick croisait déjà dans les parages de Jupiter. Les effets spéciaux sont à la mesure de ce film culte et les œuvres musicales de Strauss servent admirablement la narration. Après plus de 50 ans, 2001, L’Odyssée de l’espace reste un symbole de liberté, d’imagination et d’avancées techniques.

Solaris

Solaris

De Andreï Tarkovski | vendredi 8 mars à 15h à Pathé Galeries


Union Soviétique / 1972 / 2h47 / v.o. s-t fr. / 16(16) / Avec Natalia Bondartchouk, Donatas Banionis

Présenté par Olivier Guez

 

En 1972, le film paraît en pleine Guerre Froide et est considéré comme la réponse soviétique à 2001, L’Odyssée de l’espace. Pourtant, Solaris s’éloigne diamétralement du travail de Kubrick. Tarkovski délaisse la science et les avancées technologiques pour s’intéresser à la matière existentielle et émotionnelle. Avec son histoire d’amour sublime et son conte transcendantal, cette œuvre est un voyage métaphysique qui renvoie par sa forme et son rythme, comme un miroir, à notre propre quête intérieure.

Soylent Green (Soleil vert)

De Richard Fleischer | vendredi 8 mars à 9h à l’Ecal


USA / 1973 / 1h37 / v.o. s-t fr. / 12 (14) / Avec Charlton Heston, Leigh Taylor-Young

Présenté par Jennifer Murzeau et Laurent Le Forestier

 

Soleil Vert met en scène le dépassement de toutes les limites, celles de la planète, celles de l’humain. New-York 2022, le peuple agonise, les riches se calfeutrent. Réchauffement climatique, épuisement des sols, radicales inégalités, ont rendu le monde à peine vivable. Ce contexte imaginé il y a 40 ans est adapté d’un roman de 1966. La science-fiction cède le pas à la réalité du temps présent, et oblige à admettre que cette humanité ployant sous le poids de ses propres erreurs, c’est nous.

Transcender les CONVENTIONS sociales

Belle de jour

Belle de jour

De Luis Buñuel | jeudi 7 mars à 15h à Pathé Galeries


France / 1967 / 1h40 / 16(16) / Avec Catherine Deneuve, Jean Sorel, Michel Piccoli

Présenté par Rossy de Palma

 

Respectable épouse de chirurgien, Séverine rêve d’être fouettée et molestée. Insatisfaite dans sa vie bien rangée, elle décide de se prostituer tous les après-midis dans une maison de passe sous le nom de Belle de jour. Cinéaste de l’inconscient, Luis Buñuel met en place avec cette œuvre subversive, un dispositif du fantasme érotique qui, plus de cinquante ans après, suscite encore l’émoi du spectateur. À sa sortie, Belle de jour remporte un immense succès (plus de deux millions de spectateurs) ainsi que le Lion d’or à la Mostra de Venise.

A Clockwork Orange

A Clockwork Orange (Orange mécanique)

De Stanley Kubrick | samedi 9 mars à 13h à Pathé Galeries


USA / 1971 / 2h16 / v.o. s-t fr. / 16(16) / Avec Malcolm Mc Dowell, Patrick Magee

Présenté par Tim Pope

 

Alex est un chef de bande sadique aux goûts meurtriers. Adepte de l’ultra violence et fan de Beethoven, il mène une vie d’errance entre les bastons et les raids assassins. Arrêté par la police, il est soumis à une thérapie expérimentale censée lui extirper ses pulsions destructrices à coups de gavage visuel forcé et de torture sonore. Le film, véritable traitement de choc qui a fait scandale par sa violation de la bienséance dans une époque de boom économique, s’est imposé comme un chef-d’œuvre du cinéma américain.

Freaks

Un chien Andalou

De Luis Buñuel | vendredi 8 mars à 15h30 au Cinématographe


France / 1929 / 16min / Muet intertitres all. / 12(14) / Avec Pierre Batchef, Simone Mareuil

Présenté par Jean-Jacques Annaud

 

Un homme maintient l’œil d’une femme grand ouvert, approche une lame de sa pupille avant de la trancher net. Nous avons tous ces images en tête! En 1929, Luis Buñuel et Salvador Dali partagent la richesse de leur imaginaire pour réaliser ce court métrage qui deviendra le film-manifeste le plus important du surréalisme. Avec pour sujet la relation tumultueuse d’un homme et d’une femme, le récit disloqué associe des images subversives, érotiques, étranges en reniant toute explication rationnelle. Un chien andalou, ou l’âge d’or de la liberté de création.

Freaks (La monstrueuse parade)

De Tod Browning | vendredi 8 mars à 15h30 au Cinématographe


USA / 1932 / 1h02 / v.o. s-t fr. / 12(12) / Avec Wallace Ford, Leila Hyams

Présenté par Jean-Jacques Annaud

 

Film considéré comme pervers à sa sortie, devenu chef-d’œuvre absolu, Freaks se joue de la monstruosité apparente de ses personnages. Dans le cirque Tetrallini se côtoient des êtres de tout genre (des sœurs siamoises, un homme-tronc, une femme sans bras…). Le message est clair : les monstres ne sont pas ceux que l’on croit. A la fois effrayant et émouvant, le film reste censuré pendant plus de trente ans en Angleterre avant sa réhabilitation dans les années 60. Cette œuvre scandaleuse pour l’époque inspirera de nombreux créateurs, parmi lesquels, un certain David Lynch.

Ai no corrida

Ai no corrida (L’Empire des sens)

De Nagisa Ôshima | jeudi 7 mars à 21h au Cinématographe


Japon – France / 1976 / 1h42 / v.o. s-t fr. / 18(18) / Avec Eiko Matsuda, Tatsuya Fuji

Présenté par Denis Dercourt

 

Figure du cinéma japonais, Nagisa Ôshima brise un tabou et s’attire les foudres de la censure japonaise en portant à l’écran ‘avec des actes sexuels non simulés’, le désir destructeur de deux amants. L’histoire, inspirée de faits réels, se déroule en 1936 dans un quartier de Tokyo. Sada Abe, ancienne Geisha devenue domestique, et son patron Kichizo vont s’adonner à une escalade érotique qui ne connaîtra de limites que la mort. L’Empire des sens est considéré comme le premier film pornographique d’auteur du septième art.

Les Valseuses

Les Valseuses (Version restaurée)

De Bertrand Blier | samedi 9 mars à 15h à Pathé Galeries


France / 1974 / 1h57 / 16(16) / Avec Gérard Depardieu, Patrick Dewaere, Miou-Miou

Présenté par Gilles Cohen

 

Provocateur et libéré, ce film fait scandale à sa sortie. En voulant rendre compte du vent de liberté de mai 68, Bertrand Blier jette un pavé dans la mare en publiant son roman éponyme, puis en l’adaptant au cinéma. Genre de road movie à la française, Les Valseuses décrit la cavale de deux voyous, Jean-Claude (Gérard Depardieu) et Pierrot (Patrick Dewaere), qui entraînent avec eux Marie-Ange (Miou-Miou) dans leur périple picaresque. Avec ses scènes de sexe, ses dialogues crus et sa misogynie toute seventies, on peut se demander si un tel film pourrait encore voir le jour aujourd’hui.

Surpasser les conventions TECHNIQUES ou NARRATIVES

Blanche-Neige et les Sept Nains

Blanche-Neige et les Sept Nains

De Walt Disney Productions | vendredi 8 mars à 9h30 et dimanche 10 mars à Paderewski


USA / 1937 / 1h23 / v.fr. / 6 (8) / 

Présenté par Jean-Paul Rappeneau

 

Premier long métrage couleur et sonore de Walt Disney, ce film d’animation au succès interplanétaire réunit une quantité d’innovations tant techniques qu’artistiques : des personnages humains très expressifs qui invitent à l’empathie, un décor détaillé et riche en couleurs qui met à profit le fameux Technicolor, ainsi qu’un effet de profondeur de champ super réaliste. Sans oublier une bande son littéralement envoûtante. A sa sortie, Blanche-Neige et les Sept Nains remporte le Grand Prix à la Mostra de Venise (1938) et un Oscar d’honneur en 1939… accompagné de sept petites statuettes!

The Shining

The Shining (Shining)

De Stanley Kubrick | samedi 9 mars à 18h30 au Cinématographe


USA / 1980 / 1h59 / v.o. s-t fr. / 16 (18) / Avec Jack Nicholson, Shelley Duvall, Danny Lloyd

Présenté par Fred Grivois

 

Le plus célèbre des films d’horreurs est celui qui paraît-il fait perdre le plus de calories à ses spectateurs tourmentés. Tout le monde connaît la chambre 237 et les couloirs déserts à moquette géométrique de l’hôtel Overlook. Sa mise en scène géniale, sa musique glaçante et son acteur (Jack Nicholson) plus vrai que nature, complètent une réalisation totalement innovante. Stanley Kubrick réinvente le cinéma d’épouvante avec une narration déroutante, un décor labyrinthique oppressant et le premier usage important du Steadicam, complice de notre désorientation dans ce dédale terrifiant.

Metropolis

Metropolis

De Fritz Lang | jeudi 7 mars à 15h30 au Cinématographe


Allemagne / 1927 / 2h30 / Intertitres anglais / 10(14) / Avec Alfred Abel, Brigitte Helm, Gustav Frohlich

Présenté par Stéphane Tralongo (UNIL)

 

Metropolis, la ville du XXIe siècle. La révolte gronde parmi les esclaves de la cité souterraine, exploités au profit d’une caste de privilégiés qui vit dans d’immenses gratte-ciel. Le plus coûteux des films allemands de la grande période expressionniste et visuellement sans doute l’un des plus ambitieux, Metropolis est un chef-d’œuvre du cinéma de science-fiction et une métaphore grandiose dont le pouvoir de fascination résiste au temps.

The Matrix

The Matrix (Matrix)

De Lana Wachowski, Lilly Wachowski | dimanche 10 mars à 21h au Cinématographe


USA / 1999 / 2h16 / v.o. s-t fr. / 12(16) / Avec Keanu Reeves, Laurence Fishburne, Carrie-Anne Moss

Présenté par Laurent Le Forestier (Unil)

 

En cette fin des années 1990, Matrix est un ovni cinématographique. Il s’impose avec ses effets spéciaux, sa violence et son mix de références philosophiques et religieuses. Le public est aussi séduit par ce nouveau genre de science-fiction en mode Hong Kong avec ses scènes de combats parfaitement chorégraphiées à la manière d’un jeu vidéo ou d’un manga. Le film mêle les arts martiaux à des innovations filmiques sophistiquées (le fameux effet de ralenti qui permet de voir une balle en vol) et des effets spéciaux encore peu vus au cinéma, comme le bullet time. En 2000, il remporte 4 oscars et de nombreux autres prix.

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